07
Aoû 12

Début fort en émotion pour nous, trois Etudiants Démocrates Humanistes : Jérôme Nsanzimana, Julien Sassel et Anaïs Mattez. Nous commençons la semaine de cette Université d’été des Etudiants Démocrates Européen, l’organisation étudiante du PPE à Sopron avec la visite, de l’emplacement exact où le rideau de fer a connu sa première brèche. Nous avons eu l’honneur et la chance de rencontrer et d’écouter les témoignages de personnes qui ont vécu les évènements. Chose surprenante, les douaniers qui surveillaient jadis, l’accès vers l’Ouest travaillent toujours sur la frontière. Leur job est pourtant bien différent aujourd’hui ! Ils replongent les visiteurs dans l’histoire de l’Europe. Leur récit est si unique, direct et personnel qu’il a attiré toute notre attention.

 

Nous retiendrons donc surtout de cette journée que l’action d’un seul homme peut faire toute la différence. Chaque citoyen peut avoir le poids nécessaire dans une décision politique. Il nous fait penser à un maître de gare qui peut faire bifurquer un train de plusieurs tonnes. Ils étaient de simples employés de la douane mais ils décident de ne pas obéir à leur tache dévolue. Au lieu de surveiller jalousement le Rideau de fer, ils ouvrent les portes et ne tirent pas sur la foule. Personne n’a ouvert le feu et les barrières se sont ouvertes pour que les prisonniers du système socialiste puissent faire ces pas symboliques. Ils n'ont pas seulement permis à quelques Allemands, Autrichiens et Hongrois de se réunir pour partager un goulache, nous savons aujourd’hui que ce geste représente beaucoup plus. Ils ont donné l’impulsion qui a mené quelques mois plus tard à abattre le mur de Berlin. Et nous ne sommes pas sans oublier que l’allusion à cette réunification nouvelle est d’actualité pour l’Europe que nous construisons encore aujourd’hui.

L’après midi a été suivi par un ensemble de conférences passionnantes. Une partie de la délégation edH (Anaïs et Jérôme) s’est rendue à la conférence du Professeur Hendrik Hansen, titulaire d’une chaire universitaire de science politique à l’Université Allemande de Budapest. La discussion se présentait sous l’intitulé « L’ambition totalitaire de créer le nouvel Homme socialiste ». Notre conférencier nous a offert une critique originale du système marxiste. Il remonte à l’ambition la plus fondamentale du communisme : celle autant de se baser que de vouloir créer un homme qui n’existe pas. Il nous expose d’une lumière originale sur l’impasse fondamentale du hiatus communiste.
De son côté, Julien assistait à la conférence de Kinga Szabὀ, chercheuse à l'Institut Robert Schuman, dont le thème était : « Surmonter les frontières et l'intégration européenne ». Le contenu s'articulait dans une approche historique de l'intégration européenne, ponctué des grands événements sociaux, politiques et économiques que notre continent a connu depuis la fin de la IIe Guerre Mondiale. L'exposé s'est conclu en soulevant les points qui permettront non seulement d'unir l'Europe d'un point de vue économique, mais aussi de réunir les Européens d'un point de vue culturel, en exaltant la devise de l'Europe : In varietate concordia.

La journée du mardi commence par un bombardement médiatique au terme duquel nous assistons à des conférences de grande qualité. Nous écoutons assidument dans notre oreillette la traduction de ce que nos conférenciers expriment dans leurs langues natales, soit l’allemand, soit le hongrois. Ils nous offrent des témoignages émouvants de la chute du rideau de fer et de la division de l’Europe, comme si c’était encore hier. Ainsi, nous avons pu cerner cette année si révolutionnaire qu'a été 1989 à travers entre autres la perspective du garde-frontière qui a laissé les Est-allemands passer à l'Ouest, celle du ministre hongrois qui a vécu cette époque de changement au sein des autorités des pays du Bloc de l'Est, tiraillé entre réel désir de réforme et désespoir de ne plus pouvoir réellement réagir aux événements. Nous avons aussi passionnément écouté les témoignages de plusieurs Est-allemands qui avaient tenté et réussi à forcer le Rideau de fer, et encore d'autres témoins privilégiés.

Le lendemain, personne ne s’attendait en se levant à passer une journée de presque vingt heures, pour certains ! En effet, la trente sixième Assemblée Annuelle avait pour tâche d’élire un nouveau Bureau à la tête des EDS. Elle s’est heureusement terminée par la bienvenue d’un nouveau Bureau qui promet une année académique de travail acharné et haute en couleur pour les étudiants démocrates européens. Au nom des edH, nous tenons à féliciter chaleureusement, le président réelu Juraj Antal (ODM Slovaquie) ainsi que les membres du bureau. D'abord les vices présidents : Stelios Georgiou (FPK Protoporia Chypre), Ingrid Hopp (HSF Norvège), Eva Majewski (RCDS Allemagne), Amélie Pommier (UNI-MET France), Gintare Narkeviciute (JKL Lithuanie), Andrey Novakov (MGERB Bulgarie), Anna Tamasi (Fidesz Youth Hongrie). Ensuite nos directeurs : Avram Crisan (OTPDL Roumanie) et Anna Masna (USA Ukraine) et surtout, Ann-Sofie Pauwelyn (CDS Belgique), notre Secrétaire générale.
L’Assemblée Annuelle était également l’occasion, pour les EDS, par le biais d’une résolution de conférence, de réaffirmer leur engagement à militer pour une Europe libre et unifiée. Cette soirée en valait la chandelle même si elle a du se terminer après le diner interculturel, ce qui nous a valu le plaisir de voir certains de nos membres élus dans le vêtement traditionnel de leurs pays.

Le jeudi fait place à la détente. Nous visitons la petite ville de Eisenstadt, en Autriche. Nous avons eu l’honneur d’une rencontre enrichissante avec le maire de la ville qui nous a donné un aperçu du système électoral autrichien et a abordé les défis majeurs de sa politique locale, tels que les problèmes d'infrastructures d'emplois pour la jeunesse. Avant le déjeuner, nous avons pris le temps de visiter le château Esterhazy et de nous prélasser au soleil. Nouvelle surprise, le déjeuner s’accompagne d’une « dégustation » de vins autrichiens. Les belges font la découverte avec stupeur que les Autrichiens mélangent de l’eau pétillante à leur vin blanc, et plus surprenant encore de découvrir qu’en fait, ce n’est pas si mal. Nous terminerons la journée sur le bord du Lac Neusielder avec tout juste le temps de réaliser qu’il faut rentrer dans notre plat pays. Mais il y a bien une chose que nous avons retenue de cette semaine : nous ne nous disons pas au revoir mais à bientôt. Contrairement à ce qui se passait jadis, les frontières au sein de notre espace Schengen sont abolies, c’est donc sans trop de peine que nous avons pris congé de nos collègues et amis.

Un grand merci au Fidesz Youth Section pour l’organisation de l’événement, au bureau sortant des EDS pour le travail accompli et à tous les participants,

Anaïs Mattez pour les edH.