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Mar 12

Rencontre avec Charles Ferdinand NothombLors de notre cycle de formation, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Charles-Ferdinand Nothomb. Ancien ministre de l’intérieur, des affaires étrangères, député européen, président de la chambre et des, à l’époque, jeunes PSC, il a accepté de nous faire part de son expérience politique ce lundi 27 février.

Pourquoi s’engager en politique ?
C-F N. : On constate une diminution flagrante du militantisme depuis les années 50 ; à cette époque, 5% de la population y consacrait son temps. De nos jours, nous sommes loin de ce pourcentage. Le simple fait de s’informer quant à la vie politique, c’est déjà une forme d’engagement ; si l’on observe la population, peu de gens connaissent réellement le monde politique. On peut naturellement s’informer de différentes manières ; lire, étudier, etc. La raison de mon engagement politique était, et est resté jusqu’à la fin de ma carrière, la décolonisation, à l’époque sujet à polémique. La première étape de cet engagement est donc de s’informer. Ensuite, il faut participer à un groupe, car faire de la politique tout seul, c’est bien, c’est intéressant, mais ça ne mène pas très loin. Inutile donc de disserter chaque après midi sur la classe politique après avoir lu le journal. Le débat fait progresser, et les erreurs forment l’expérience. Je me rappelle d’ailleurs de ma divergence d’opinion avec Paul-Henri Spaak quant à l’entrée de la Grande Bretagne dans le marché commun… prise de position de ma part qui s’avérera juste quelques années plus tard, et actuellement avec le possible retrait du pays de l’Union Européenne. Enfin, il faut choisir un sujet, car il est impossible, pour tout homme, de tout savoir sur tout, chacun a des centres d’intérêt, des sujets auxquels on s’intéresse davantage que d’autres. Dans l’ordre des choses, il est judicieux de tout d’abord, lorsque l’on s’engage politiquement, choisir un sujet relatif à la vie communale, locale, quitte à ensuite s’engager dans des sujets plus généraux, nationaux.

Pourquoi voter pour quelqu’un ?
C-F N. : Les connaissances, les contacts, ne font pas les voix aux élections. Dans mon village lors de mes premières élections, je comptais à tout casser 30 amis qui pouvaient voter pour moi, et j’en ai reçu une centaine à l’époque. Il y a plusieurs éléments qui rentrent en compte, le physique, la façon de parler, la prestance,…etc. On remarque que les citoyens ne votent pas pour le programme d’un candidat, mais plutôt pour ce qu’il est, sa personnalité.

Pourquoi avoir choisi le PSC ?
C-F N. : Mes parents viennent du milieu catholique, et j’étais dans une école chrétienne. Parmi les 6 garçons de la famille, nous sommes deux à nous être engagés, mon frère lui c'est engagé dans le Parti Communiste...

La plus grosse épreuve dans votre carrière ?
C-F N. : Premièrement, la catastrophe du Heysel, cela a été le plus dur, on demandait ma démission. Ensuite, les problèmes linguistiques, communautaires, avec les Fourons. Quoiqu’il en soit, en politique, il ne faut jamais hésiter, si on doute de ses convictions, de sa position sur un sujet délicat, c’est mal parti, il faut prendre une direction, même quand l’opinion publique est contre vous.

Votre meilleur souvenir ?
C-F N. : Le maintien des petites écoles de campagne, je peux dire que sans moi, celles-ci auraient été « ratiboisées » .

Que pensez-vous du changement de nom ? de PSC à CDH ?
C-F N. : Je ne me reconnais pas totalement dans ces valeurs humanistes, je ne sais pas si c'est une bonne chose d'avoir fait ce passage... A l’époque du changement cependant, je n’avais pas fait opposition, c’était l’idée de Mme Milquet, alors je la respectais.

Viktor Pokorny