Les Étudiants Démocrates Humanistes ont revu leur position concernant le projet de décret du Ministre Marcourt visant à réformer les études du secteur de la santé.
Nous partons du principe que le contingentement fédéral doit être revu fortement à la hausse ou supprimé et dénonçons fermement le filtre supplémentaire communautaire prévu par cette proposition.
En décembre dernier, Jean-Claude Marcourt, faisant fi de la période de blocus observée par ses interlocuteurs de la représentation estudiantine, sortit un nouveau projet de décret cette fois soutenu par ses partenaires de la majorité (cdH, PS, Ecolo). Ledit projet insérait à l’accord conclu lors de la mise au vert d’août 2011 une mesure partiale et antisociale : l’existence d’une réorientation obligatoire ou d’un étalement de l’année entamée sur décision du jury de première année de médecine si la moyenne des résultats obtenus à la session de Janvier est inférieure à 8/20.
Considérant le fait que le Ministre a eu l’audace d’avouer à nos collègues des organisations représentatives communautaires que cette limite de 8/20 découlait d’ « un projet pilote » et n’était basée sur aucune étude scientifique, nous nous offusquons profondément des conséquences socialement désastreuses qu'entraînerait l’application de ce « projet pilote » dont les détails semblent tout droit sortis du chapeau du Ministre.
En effet, les études [1] prouvent que la plupart des étudiants qui ont raté en Janvier sont issus de milieux socialement défavorisés ou/et d’écoles préparant moins bien à l’enseignement supérieur, notre pays étant un des pays d’Europe où les disparités entre les écoles sont les plus fortes [2]. Nous évaluons donc les difficultés principalement financières auxquelles les familles auront à faire face suite à cet étalement obligatoire, castrateur des possibilités d’adaptation et de remise en question de l’étudiant.
Par sa proposition de décret, Jean-Claude Marcourt handicape doublement la société civile, prenant en otage d’une part les étudiants et leurs familles en leur imposant une année d’étude parallèle supplémentaire composée majoritairement de cours facultatifs au regard de leur cursus complet et de l’autre l’ensemble des citoyens, ne leur permettant pas, in fine, de compter sur un nombre de diplômés en médecine plus important. Ce vers quoi nous, EDH, voulons aller, afin de faire face de façon adaptée à l’évolution démographique [3] et à la pénurie grandissante. Il semblerait que le Ministre se soucie davantage du taux de réussite que du nombre réel de médecins prêts à combler le déficit existant en Région Wallonne, poudre aux yeux électoraliste.
Pour conclure, nous, Étudiants Démocrates Humanistes, n’encourageons pas le Ministre dans cette voie et ne soutenons pas l’ajout qu’il a effectué à l’accord précédent trouvé par les partenaires de la majorité, bafouant ainsi les compromis, la réalité sociale et passant outre les grands principes de la Déclaration de Politique Communautaire. Nous souhaiterions, par ailleurs, que lors de la prochaine révision du décret une réelle concertation avec les organisations représentatives communautaires et les représentants étudiants soit mise en place.
Nous soutenons par ailleurs sur ce point précis les déclarations précédemment émises par le CIUM, la FEF, L’UNECOF, le Conseil de la Jeunesse, Ecolo J et les MJS Bruxelles-Mons.
MEUNIER Opaline
Secrétaire politique des EDH
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DE CLERCK Morgan
Président National
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[1] Études réalisées par MM. Droesbeke, Lambert, de Kerchove, Beguin et Perstieau
[2] PISA 2009 http://www.levif.be/info/actualite/belgique/enseignement-10-lecons-du-classement-pisa-2009/article-1194884539801.htm
[3] Cadastre de l’offre médicale, première partie concernant la médecine générale http://www.maisonmedicale.org/IMG/pdf/SC48-R_dossier_MG.pdf